Documents historiques/Documenti storici


Chevauchée de Maître Jean PRAT (1632)

docteur en droit, avocat au Parlement de Dauphiné
et conseiller du Roi en l’élection de Briançon
Octobre 1632
    L'an mil six cent trente deux, le troisieme jour du mois d'octobre à Bardonnesche par devant nous Jean Prat docteur en droit, avocat au Parlement et conseiller du Roy dans l'élection de Briançon chez Maître Jean Ambrois Clovis notaire du lieu où nous avons pris logis, étant venus pour faire notre chevauchée et celle-çi étant achevée, sont comparus les Châtellains, consuls, conseillers et autres particuliers de la communaute, ceux-çi nous ont remontré en premier lieu que l'année mil cinq cent soixante quatorze, l'insolence de ceux de la religion prétandue réformée mirent le feu au village qui fut totalement embrasé, les maisons que les habitants n'ont jamais pu rebâtir en raison de leur extrème pauvreté sont encore dans cet état en raion de leur extrème pauvreté. Ils assurent ainsi que leur cadastre ne fait pas plus d'un feu d'estime et qu'ils en en ont payé exessivement la taille excessivement imposée et toutes les surcharges extraordinaires jusque à présent sans qu'ils en aient eu aucun fruit ni revenu et ils estiment la perte à plus de dix huit milles écus.
    En second lieu, depuis quelques années le débordement des torrents à Bardonnesche a été si grand qu'il a emporté et dévasté presque tout leur terrain du Désert et de l'Arbaret au long du plan qui était leurs meilleurs terres  et réduit à l'état de ne pouvoir jamais être réparé. L'eau y a creusé un canal et constitué un rempart des matériaux qu'elle a déposé. Jean François Beraud vivant notaire de Bardonnesche avait obtenu un arret contre la communauté inscrivant qu'elle avait à le décharger de la taille imposée sur une terre qu'il avait à l'endroit de ces dégats. Le torrent de la Balme ne leur a pas moins causé de dommage au lieu apellé Pra Pinat et aux Estroitz qu'il a presque tout ruiné et rendu incultes. Et ceux-ci joints et réunis e ont amené une grande quantité de terre au lieu dit les Planches. Au lieu dit les Casses un mas est tombé dans abime. Celui-ci faisant plus de cent sesterées est hors de réparation humaine.
    En troisème lieu, depuis environ trente ans la communaute a payé la taille dont ils sont chargés sur les fonds ruraux tenus par le sieur de Jouffrey coseigneur du lieu et pour cette raison ils sont en procès.
    En quatrième lieu leur communaute a été la plus foulé par les gens de guerre qui les ont reduite à l'extremité ayant eu en séjour la compagnie de chevaux légers de Monseigneur le Maréchal de Crecquy et celle de Monsieur d'Allincourt, chacune de cent vint maîtres et deux cents chevaux grossies du nombre d'autres cavalliers qui pour se reduire les frais qu'ils auraient du faire dans l'armée où tout excessivement cher s'etaient retiré à Bardonnesche et pour le temps que sa majesté seiournait à Suze pendant environ deux mois et six compagnies du éegiment d'Estissac de cent vingt hommes chacune pour six mois ? et nombre d'autres logements et surcharges qui leur ont causé du dommage en raison de la cherté excessive des vivres pendant le séjour de cette cavallerie. Ce qui a couté trois cents mil livres qu'ils en ont empruntées en grande partie et ils en payent les intérêts qui leur reviennent toutes les années à plus de huct milles livres.
    En cinquième lieu que l'année mil six cent trente la maladie contagieuse a été si étrangement enflamée dans la communauté que du nombre d'habitants d' environ mille personne  il en est mort sept cent quatre vint onze, presque les trois quart de la  population. Ceci étant la cause de cette désolation de moyens de cultiver toutes leurs terres qui, à défauts d'hommes, demeurent incultes et leurs maisons inhabitées et la plus grand part de particuliers si pauvres qu'ils sont hors de moyens de payer leurs tailles et la plus part décèdés, leurs héritages sont maintenant vacants et les terres qui devaient la taille passée et doivent la présante sont tellement abimsé qu'il ne se se trouve personne qui s'en veuille charger pour la taille par manque d'hommes pour la cultiver. Les vivants sont sur le point d'abandonner le pays avec leurs familles pour aller chercher leur vie ailleurs ne pouvant la gagner en ce lieu, n'ayant pas les moyens de se remettre avant de longues années étant écarté du baillage du baillaige et hors de toute sorte de commerce. S'ils ne sont pas soulagés et déchargés d'une partie de leurs feux, du moins pour ce qui concerne les biens incultes et reduits en friche comme sont les maisons et les terres emporées par les torrents et abymes. Ces biens demeurent incultes par défaut de laboureurs et les maisons sont fermées et inhabitées par la mort des personnes, faisant du moins la contenance de quatre feux. Reconaissant que par édit de création des élections de cette province et en suite du réglement de nos seigneurs de la cour du parlement du quatorsième jour du mois d'août l'année mil six cent trente: la connaissance de la charge  et décharge des feux de parroisse appartient au bureau de cette élection. Nos seigneurs nous ont requis qu'étant de notre département de procéder conformément au réglement à la visite de leur parroisse et les informer de la vérité de leurs plaintes tant par examen et audition de témoins non suspects ni intéressés, il appartiendra selon l'exigence du cas et il sera de nostre charge de rapporter à cette fin la preuve des faits avancée par eux et qu' il plaise au bureau faisant égard à l'exès de leur misère et des surcharges extraordinaires et des perte dont ils ont souffert et souffrent encore pour le présent  afin qu'ils puissent mieux payer leur taille et se relever de leur pauvereté;les décharger d'une partie de leurs feux, du moins pour ce qui concerne les biens incultes et desquels ils ne perçoivent aucun fruits tels que les maisons et terres emmenées par le débordement des eaux aux fonds des abimes et ceux qui en défaut d'habitants demeurent incultes, les maisons closes et inhabitées faisant du moins la contenance de quattre feux et ont signé:
    Ainsi que ci-dessus a été fait et écrivant pour nous Jean  Garnier notaire de Millaures et nous avons signé au bas et au bas avec notre greffier. En conséquance de quoi nous avons ordonné que nous procéderons aux visites, informations et justifications requises. Ayant commandé à notre sergent de nous appeller des témoins des communautes de ?, Rochemolles, Millaures et Mellezet de plus visiter les lieux pour examiner sur les faits du procèsverbal ci-dessus nous avons signé.
    L'an mille six cent trente deux et le troisième jour du mois d'octobre par devant nous commissaire et procédant a l'enquête, à la visite et à l' information des faits avancés par les consuls, manants et habitants de Bardonnêhe dans leurs exposés et leurs plaintes et en vertu de notre ordonnance et lettre de ce jour se sont presentés les tesmoins ci-après nommés que nous avons appelés des non suspect, ni intéressés au fait dont s'agit pour être par nous examinés et auxquels nous avons enjoints de déposer la vérité en raison de leur serment prêté entre nos mains par chacun d'eux séparement leur ayant fait entendre la rigueur de l'ordonnance sous peine de mort portée contre les faux témoins et la grandeur et importance de l'affaire. Nous avons fait faire lecture du procès-verbal à chacun d'eux séparement et expliquer et fait entendre à quelle fin nous les avons fait auditionner.
    Et premierement Honnorable Jacques Blanc jadis consul de Millaures agé d'environ cinquante et deux ou trois ans premier témoin de ce jour, jure écoute et examine. Nous lui de nouveau fait entendre la rigueur de l'ordonnance contre les faux témoins et fait faire lecture de notre ordonnance entendu par celui-çi et comprise en tous ses points moyennant son serment prêté entre nos mains et impérativement prêté de dire et déposer la vérité sous la ditte peine de faux. Il a déposé avoir touiours oui dire par les habitants du pays que l'an mille cinq cent septante quatre le village de Bardonnesche fut entièrement embrasé par les Hugenots et que lui même a vu et voit les vestiges des msisons et chalets qui sont en grand nombre à ce qu'il peu connaître. Pendant ses années de consulat, ces maisons étaient également chargéesde taille, que les maisons et bâtiments habités faisaient environ le huitième du village. A son advis il est aussi vrai que l'année mille six cent trente la peste fut fort enflammée en ce  lieu et il a même oui dire par les habitants du lieu et par brui commun qu'il est  mort environ de treise à quatorze cent personnes et en être resté fort peu. Comme il lui est apparu depuis la raison pourquoi il y a plusieurs maisons inhabitées,  ne pouvant à la vérité assurer le nombre de celles-ci, en outre il est vrai que le torrent de Bardonnesche a fait un grand dégat et emporté presque toute la terre du lieu dit le Désert et que le torrent d'Arbaret a de même ruiné et mis en gravier quantité de terrain au lieu dit le Plan comme il apparait à vue d'oeil, de même celui de la Balme au terrain de Pra Pinat et aux Estroitz et ceux-ci ensemble ont ammené plusieurs terres au lieu dit la Courbe et les Planches qu'il croit qu'ils ne pourront jamais être réparé du moins avant longtemps aussi bien en  raison du défaut d'hommes qui dans la  communauté que par l'excès de dommage . Il ne peut, en vérité, faire l'estimation des terrains ruinés, il ajoute qu'il est vrai que les habitants sont contraints de chercher des valets serviteurs et servantes en Savoie, Névache et ailleurs aux villages alentour tant est petit le nombre de leurs habitants. Il a dit aussi ne pas savoir du contenu du dessus du verbal, expliquant sa déposition, il a entendu dire pour l'incendie, pour le reste de sa déposition, il l'a vu. Et sur l'ensemble il a  a pertinement déposé, lecture lui a été faite de sa déposition et il a répeté
persisté et a signé.
    Honnorable Thomas Lantelme de Mellezet d'environ cinquante trois ans, autre témoin de ce jour produit par requète ci dessus jure et lui fait enendre la rigueur de l'ordonnance et la peine de mort portée contre les faux. Lecture lui a été faite de notre verbal et donnée pleinement à entendre son serment entre nos mains (iterativement preste et separment examine). Il a déposé de sa premiere connaissance jusqu' à maintenant avoir toujours entendu dire que les religionaires brulêrent le village de Bardonnesche en l'année mil cinq cent septante quatre. Il a vu et voit encore les masures qui n'ont jamais été rebaties,  il croit à son avis que cela fait le huitième du village. L'annee mil six cent trente il mourut un grand nombre de personnes du mal contagieux, c'est pour cette raison qu'il voit journellement les habitants contraints d'aller chercher des valets et servantes jusque en Savoie, Névache et autres lieux alentours pour le peu d'habitants qu'ils sont. En outre il est vrai que le torrent de Bardonnesche a perdu et enmené plusieurs terres au terroir du Desert et à celui de l'Arbaret au long du teroir du Plan, celui de la Balme et Pra Pinat et aux Estroitz et avec les terres de la Courbe et des Planches, tous terrains de Bardonnesche, presque tous ensablés et n'étant pas, à son avis, en l'état de pouvoir être réparés avant de longues années. Pour la surcharge des séjours des gens de guerre, elles ont été extraordinaires et la communauté en a souffert sa part pour le reste du dit Escarton. Il dit ne rien savoir du contenu ci-dessus, expliquant sa déposition, pour l'incendie par oui dire et il en a vu par lui-même les dégats. Lecture lui a aynt été faite de sa déposition, il l'a répété et maintient , a pertinement déposé et signé.
    Honnorable Jehan Baptiste Gay laboureur de Rochemolles agé d'environ cinquante huit ans, autre témoins de ce jour présenté par par requête jure, entend et examine dument avertis de la rigueur de l'ordonnance contre les faux témoins et de la peine de mort contre les faux témoins sous peine de mort, lecture lui ayant été faite et il a donné après serment pêté entre nos mains , de dire et déposé la vérité sur ce qui lui sera demandé. Il a déposé avoir entendu dire de toujours que le village de Bardonnesche avait été brûlé par les Hugenots et qu'il a vu et voit encore les vestiges et qu'il ya un grand nombre de masures du village qui ne rapportent rien et qu'il croit selon son jugement, que cela réprésente la neuvième partie du village. L'annee mil six cent trente la peste fut si outrageuse à Bardonnesche qu'il a endu dire qu'il était mort environ quatorze cent personnes et il lui semble, à voie ceux qui sont demeuré et ceux qui sont décédés, qu'il en est mort les trois quarts. Il est vrai et notoire que le torrent qui passe à côté du village a emmenne plusieurs terres au lieu dit le Desert, celui d'Albaret au lieu dit le Plan, celui de la Balme au lieu dit Pra Pinat et aux Estroitz, la Courbe et les Planches terroirs du Bardonnesche ou le dégat a été fort grand et hors de réparation pour de longues années à ce qu'il en peut juger en raison du peu d'habitans et de la grandeur du dommage sur une grande étendue. En outre, au lieu dit les Casses, une partie du mas s'écroule et tombe en quartiers dans le torrent d'Albaret, il s' est déja perdu grand nombre de sesterées et le reste est sur le point de s'abimer. Il a ajouté qu'il y'a plusieurs maisons inhabitées, au moins le quart du village, fermées et inhabitées. Il a dit ne rien savoir au sujet de l'incendie, il a vu et voit ce qui en reste. Il lui a été fait lecture de sa déposition, il a répété et persite sur les faits déposés et a signé.
    Honneste Michel Orcellet de la communauté des Arnaux agé d'environ quarante ans autre témoins de ce jour présenté par par requête jure, entend et examine dument avertis de la rigueur de l'ordonnance contre les faux témoins et de la peine de mort contre les faux témoins sous peine de mort, lecture lui ayant été faite et il a donné après serment prêté entre nos mains , de dire et déposé la vérité sur ce qui lui sera demandé. Il a déposé avoir oui dire à son feu père et depuis par le bruit commun que le village de Bardonnesche avait été brulés par les Calvinistes et que de depuis toujours il y a vu un grand nombre de maisons faisant à ce qu'il en peut juger le huitième ou la neuvième partie de ceui-çi, qui ne rendent aucun fruits ni rente. Il lui semble que véritablement les trois quart du peuple sont décédés de maladie contagieuse et pour au moins le quart des maisons sont inhabitées et closes. Il est véritable aussi qu'il y a plusieurs terres du terroir de la communauté que le débodemment des eaux a entierement ruinés et perdus,entre autres le  lieux dit le Desert, le Plan, le Pra Pinat, la Courbe, les Estroitz et Planches ainsi qu'il apparaît Il a dit ne pas savoir la surface, certifiant sa déposition de ce qu'il avu et voit  et l'avoir entendu dire pour l'incendie. Il lui a été fait lecture de sa déposition et il a persité et signé.
    L'an mil six cent trente deux et le quatrième jour du mois d'octobre avons de nouveau convoqué par notre huissier d'autres particuliers des communautés alentours n'ayant aucun intérêt aux faits de notre enquête pour être entendus et examiner les lieux
    Et premièrement honorable Barthelemy Agnès feu Gratian du Mellezet habitant à présent à Millaures, agée de quatre vingt sept ans autre témoin de ce jour dument averti de la rigueur de l'ordonnace contre les faux témoins qui est la peine de mort. Il lui ai fait lecture et bien comprendre le contenu de notre enquête d'hier. Il a prété serment entr nos mains de déposer la vérité sous la peine de faux témoignage. Il a déposé n'être que trop vrai que l'année mille cinq cent soixante quatosze, quelques jours après la St Jean, les hérétiques de la religion prétendue réformé vulgairement appelés Hugenot entrairent en ce lieu en grand nombre vers les six heures du soir et couchairent dans l'eglise paroissialle et le lendemain y mirent le feu et à toutes les maisons du village et avant que fut l'heure de midi  elle furent toutes embrasées dont il a toujours vu et voit encore les masures qui n'ont peu être toutes rebâties, enviro, le huitième du. Il est aussi veritable que l'année mil six cent trente la maladie contagieuse fit un grandissime dégât à Bardonnesche, il semble à son avis être décédé près des trois quart ayant vu les décédés et voyant les survivants. En y prenant garde, souvent il voit un grand nombre de maisons closes et fermées, il croit que cela fait le tiers du village. De même que le torrent de Bardonnesche a fait un grand dégât au lieu dit le Desert. Il ya même vu des propriétés en ruines et que celui de la Balme a de même enmené nombre de belles propriétés aux terrains de Pra Pinat et Estroitz et le torrent d'Albaret aux terrains du Plan et de la Courbe. Il a toujours oui dire que les torrents unis ensemble ont mis en gravier plusieures terres au lieu dit les Planches autre chose. Il dit ne pas savoir l'étendu et rendant raison de sa déposition pour avoir vu les faits excepté le dégât du lieu des Planches et lecture lui a été faite de sa déposition. Il répète, persite sur ce qu'il a déposé et signe.
    Honnorable Vallentin Allemand de Millaures agé d'environ soixante quatre ou cinq ans autre témoin de ce jour dument averti de la rigueur de l'ordonnace contre les faux témoins qui est la peine de mort. Il lui ai fait lecture et bien comprendre le contenu de notre enquête d'hier. Il a prété serment entre nos mains de déposer la vérité sous la peine de faux témoignage. Il a déposé se souvenir assez parfaitement e l'incendie arrivé en ce lieu par la malice des hérétiques ne pouvant bien souvenir de l'année et depuis il a toujours vu et voit depuis plusieurs masures et chalets incultes sans aucune rente ni fruits. Cela pouvait faire à peu près la neuvième partie du village. L' année mille six cen trente, il est décédé du mal contagieux un grand nombre de personne et à peu près, selon son avis, les trois quart de ce village. Il s'est apperçu, comme il est notoire, qu'une partie des maisons sont closes et fermées comme étant proche voisin du lieu, ajoutant qu'il n'est que trop véritable que l'Albaret a fait d'immenses dégâts aux lieux du Plan et la Courbe. Il n'a pu en dire l'ampleur, de même celui de la Balme au lieu dct Pra Pinat, ne s'étant  pas apperçu des autres dégâts mentionnés au proçé-verbal,  quant aux surcharges de guerre, il est manifeste qu'elles ont été extraordinaires. Il adit ne avoir autre chose et rendant raison de sa déposition pour l'avoir ainsi vu et lecture lui a été facte de celle-çi, il a répéte et persité avoir pertinenment déposé et signé.
    Honnorable Gaspard Poncet du lieu du Mellezet, agé d'environ soixante trois ans autre témoin de ce jour dument averti de la rigueur de l'ordonnace contre les faux témoins qui est la peine de mort. Il lui ai fait lecture et bien comprendre le contenu de notre enquête d'hier. Il a prété serment entre nos mains de déposer la vérité sous la peine de faux témoignage. Il a déposé qu'il est vrai que se trouvant en Savoie l'année mille cinq cent soixante quatorze où il sétait réfugié par la crainte des Hugenots, il y ouï dire qu'ils avaient brûlé le village de Bardonnesche et étant revenu en la communaute de Mellezet et étant depuis venu à Bardonnesche, ils virent les vestiges de l'incendie, tout le village reduit à quelques maisons dont il y en a encore aujourd'hui une grande partie qui ne fut jamais rebâties,  faisanz au moins la neuvième partie du village. L'année mille six cent trente il mourut un grand nombre de personnes du mal contagieux, il a toujours ouï dire qu'il était  mort de treize à quatorze cent personnes et qu'il en était demeuré qu'environ quatre cent et qu'il y a quantité de maisons et du moins le tiers closes et inhabitées. En plus le torrent de Bardonnesche a fait un grand dégât au lieu dit le Desert et ayant enmené plusieurs terrains qu'il a vu autrefois cultivés et labourés dont il ne peut dire la superficie pour n'y avoir pas réfléchi. Le torrent de la Balme en a de même ruiné plusieurs autres au terrain  dit Pra Pinat et les Estroitz, celui de l'Albaret au long du Plan et ensemble à la Courbe et aux Planches ainsi qu'il a pu s'en apercevoir en passant par ces lieux ce qui est visible par chacun. Il dit ne savoir autre chose en ce qui concerne l'incendie, il l'a entendu dire, et a vu voit ce qu'il en reste. Lecture de sa déposition lui a été faite, il a persisté et a signé.
    Honorable Louis Orcellet feu Antoine de la communauée du Mellezet, agé d'environ soixante seize ans autre témoin de ce jour dument averti de la rigueur de l'ordonnace contre les faux témoins qui est la peine de mort. Il lui ai fait lecture et bien comprendre le contenu de notre enquête d'hier. Il a prété serment entre nos mains de déposer la vérité sous la peine de faux témoignage. Il a déposé fort bien se souvenir de l'incendiede  Bardonnesche dont il a vu les maison à cette époque et encore une partie de celles-çi qui ne furent jamais rebâties qui peuvent faire a son avis la huitième partie de celui-çi, lesquelles n'ont jamais rapporté une rente ni rendu aucun fruit. La  peste a été véritablement extraordinaire en ce lieu dont par bruit commun il doit être décédé de treize a quatorze cent personnes et resté environ quatre cent survivants. Il s'est apperçu depuis lors qu'il y avait un grand nombre de maisons closes et inhabitées qu'il croit faire au moins le tiers. Il s'est souvents apperçu vennant de Mellezet que le ruisseau de Bardonnesche a fait un fort grand dégât au lieu dit le Desert, que celui d'Albaret en a fact quelque peu au lieu dit le Plan, celui de la Balme ammené quantite de terre au terrain de Pra Pinat sans qu'il en puisse en indiquer la contenanceIa a dit avoir vu ce qu'il exosé, il répète et persiste sur sa déposition et a signé. Ainsi a été par nous procédé, écrit par notre greffier et signé au bas par nous.
    L'an mil six cent trente deux et le quatrième jour du mois d'octobre, nous avons enioint aux consuls et conseillers de Bardonnesche pour plus ample vérification de nous présenter et produire le registres des morts par eux tenus et le régistre des survivant bien et dument attesté pour en faire lecture en présence desmoins non intéressés et par eux faire le rapport de la vérite de ceux-çi en bonne forme et en plus nous expédier encor un état et mémoire en forme de toutes les masures, maisons closes et inhabitées et de la superficie, au plus juste qu'il leur sera possible, de terres ruinées et emportées par les torrents mentionnés au procès-verbal comme aussi de ceux qui de temps en temps se sont perdues et écroulées, s'écroulent et se perdent journellement au lieu des Casses pour être procédé comme il se doit et nous avons signé et après nous notre greffier.
    L'an mil six cent trente deux et le cinquième jour du mois d'octobre ont comparu par devant
nous les consuls et conseilliers de Bardonnesche lesquels satisfaisant à le teneur de notre ordonnance d'hier nous ont  réellement exhibé le registre et état demandés hier par injonction? Nous leur avons fait prêter serment de dire la vérité, sous peine de mort suivant l'ordonance royale. Ils ont tous prêté serment, serment prêté par chacun d'eux et par l'organe de Me Jean Agnè,s notre secrétaire consul de Bardonnesche, ils ont déclarésque ces registes contenaient la vérité sur  tous les points et articles et ils ont signé en signe de vérite ont signé. Il en a été aisi procédé et nous avons signé et au bas noter greffier a signé
    La même anné et jour que dessus nous avons de nouveau mandé devenir Barthélémy Agnès, Vallentin Allemand, Louis Orcellet et Gaspard Poncet des communautés de Millaures et Mellezet auxquels avons fait faire lecture par notre greffier du registre des morts et décédés du mal contagieux et de celui des survivants et la mémoire et dénombrement des masures et chalets,  des maisons closes et inhabitées et de l'état dressé par les consuls des ruines et ds degasts causés par le débordement des eaux et de la perte des terres qui s'éboulent au mas les Casses. Lecture de tout a tous et à chacun en particulier a été pleinement donné et en conséquence nous leur avons enjoint de nous dire la vérité selon dieu et leur conscience sous peine de faux que nous leur avons de nouveau déclaré être la peine de mort moyennant le serment prêté entre nos mains par chacun d'eux séparément, si les registres contiennent la vérité, s'ils ont connu les décédés, connaissent les survivants, s'ils savent qu'ils en aient ommis, s'il y a autant un grand nombre de masures et maisons fermées qu'il y en a dans les relevés si les dégâts et dommages sont aussi grand que les élus de Bardonnesche ont spécifiés. Lesquels unanimement et après avoir conféré ensemble et rappelé leur mémoire par Vallentin Allemand ont dit et déclaré qu'il était vrai que les particuliers portés sur les registres des morts sont décédés l'année mille six cent trente et croient que c'est du mal contagieux et ils étaient tous connus puur les avoirs fréquentés  familèrement et commercés avec eux. Il est le registre des vivants est aussi vrai, il les connaissent particulièrement, mais ne savent pas s'ils en ont oublié ou omis. Quant au éenombrement des masures et maisons closes ils ne peuvent en assurer le nombre, de même en ce qui concerne le dégât des eaux et la perte des terresz du mas des Casses et des crevasses pour ne pas y avoir réfléchi, et ils ont signé.
    L'an et jour ci-dessus nous avons ordonné de nous rendre sur les lieux accompagnés des susnommés auxquels nous avons enioint et fait faire commandement de nous suivre pour faire la vérification au plus juste qu'il se pourra tant  des masures, maisons inhabitées que des autres dégâts et dommages pour que nous en fassions le rapport en bonne forme. Et premièrement sous la conduite des consuls sommes allés dans le village et avant de procéder plus avant, nous avons fait prêter serment, à chacun des  témoins séparément, de rapporter la vérité selon dieu et leur conscience, et sous les peines de droit en cas contraire que leur avons de nouveau notifiés, nous sommes transportés ensemble dans tous les coins et recoins du village pour faire le rapport des masures et maisons closes. Nous nous sommes transportés avec les témoins au lieu dit le Desert ou avant de proceder plus, ils ont de nouveau prêter le serment de fidèlement rapporter et au plus juste qu'il pourront les dommages qu'il nous a apparu avoir été causé par le torrent dud Bardonnesche. Et après y avoir long temps séjourné remarqué et détaillé les dégâts, nous sommes partis en même compagnie pour le mas dit les Casses au dernier de la Motte où parès leur avoir fait les mêms injonctions et commandements et même avoir reçu leur serment et apres avoir eu et dument considéré respectivement le dommage, ils sont venus aux lieux dit Pra Pinat, les Estroitz, le Plan, la Courbe et les Planches et en chaque lieux et séparément je leur ai enjoint de nouveau de murement considérer et entre eux de la qualité et quantite des dommages sous les mêmes peines et sous le serment prété par eux séparément sur chacun des lieux que nous avons dûment visité dans chaque partie et pris leurs mesures et dimensions à vue d'œil, le mieux possible, chacun en particulier et tous ensemble après plusieurs conférences faites entre eux et la résolution prise et arrêté de ce qu'ils nous avaient rapporté nous noussommes retirés avec eux dans notre logis. Nous leur avons fait commandement et de suite enjoint de nous rapporter l'état des dégâts et dommages leur ayant fait prêter serment à chacun en particulier et derechef prévenu des peines de l'ordonnance, Ils ont d'un même avis, d'une visite faite selon Dieu et leur conscience et la vérité, rapporté y avoir dans le lieu de Bardonnesche trente deux masures et véritablement telles qu'elles sont spécifiees dans le rapport qu'en ont dressé les consuls en l'année mil cinq cent soixante quatorze, y étant encore sans avoir jamais fait aucune rente ni rendu aucun fruit. le nombre de maisons closes et inhabitées est de quatre vingt à peu près, y compris celles de quelques pupils demeurants chez leurs tutteurs. Ils n'ont pu préciser le nombre des maisons comme de celles des masures que le torrent du Bardonnesche a emportées au lieu dit le Desert. Environ et le plus sainement qu'ils en peuvent juger quarante cinq sesterees de fort bonnes terres qu'ils ont vues il n'y a par longtemps être cultiées et rendre des bons ne pourronts jamais être réparées parceque le torrent a enmené toute la terre, que en desous de ce lieu il y a un gravier d'environ cent sesterees ou sont plantés des arbres d'haute futaie et de petits bois taillis qui y ont été plantés depuis longtemps et qu'ils n'ont jamais vu en un autre état que celui-çi. Pour le mas des Casses, il n'est pas en leur pouvoir de rapporter véritablement la quantité de sesterees qui sont écroulées et perdues pour avoir été entraînés par la rivière d'Albaret et sont perdus petit à petit, il s'est perdues environ trois sesterees d'un terre de Me Agnès. Comme il reste les limites d'un voisin et ayant vu les crevasses qui sont en grand nombre dans le mas et particulièrement au bas de celui-çi bien en ruines et au moins trente sesterees déja fort gâtees et qui, quelle peine qu'on y puisse prendre ne sauront rendre que la moitie de la récolte. Le torrent de la Balme a emmené au moins dix sesterees de terre au lieu dit Pra Pinat environ six au dessous du moulin, environ huit à l'endroit des Estroitz et qu'Albaret au terrain du Plan cinq sesterees plus ou du moins et les troistorents ensembles au lieu dit la Courbe environ dix sesterees à ce qu'ils ont pu estimer. Toutes ces terres, il les ont vues il n'y a pas long temps être possédées et en bon état. Pour le lieu des Planches ils ont reconnu qu'il y a pu avoir trente sesterees de terres cultivées autrefois, comme ils ont pu juger de l'apparance sans assurer néanmoins que les y aient jamais vus sauf pour cinq ou six sesterees. Ils on ajouté que leur rapport est vrai, car ils l'ont vu, particulierement considéré et exactement examiné et en signe de vérite ont signé.
    Ainsi a été par nous procédé et signé en desous de nous par notre greffier.

Transcris par B. et G. Rochas



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