Histoires vécues (hier)/Storie vissute (ieri)


Capitaine Gabriel GUIFFREY (~1525-1605)
iI "se couvrit de gloire dans les vallées des Alpes à la tête des légions catholiques dont François 1er lui avait confié le commandement. Une épitaphe que l'on voit encore dans l'église de Bardonesche rappelle les faits d'armes de ce guerrier mort le 7 février 1605, à l'âge de plus de 80 ans"
Adolphe Rochas, Biographie du Dauphiné, Charavay ed., Paris, 1856


Testement de honnorable Gabriel Guiffrey (1605)


Transcription ligne par ligne
Transcription résumée et simplifiée
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Au nom de notre seigneur soyt amen
l’an de grâce courant mil six centz
et cinq et le troizième jour du moys de
fébvrier apprès complie à tous soyt notoire
que le debvoir de tous bons et fidelles crestiens
est de se préparer pour morir pour l’incertitude
que nous avons de l’eure de la mort
est il que personnellement estably honorable
Gabriel Guiffrey sain de ses sens mémoire
et entendement gisant néanlmoingz mallade
dans son lict s’est résolu de fere son
testement et dernière volonté nuncupative
en la forme que s’ensuit et premièrement
d’aultant que l’âme est plus précieuse que le
reste du temporel a volu disposer d’ycelle
en premier lieu a recommandé sadite âme
à tous les sainctz et sainctes de paradis
priant et requérant très humblement tous les
sainctz et sainctes vouloir estre ses amis
et intercesseurs affin que lors qu’il plairra
à Dieu séparer ladite âme de son corps
il luy plaise la collocquer au royaume
Au nom de notre seigneur, Amen.
Le 3 février 1605 après complie.

Il est notoire que le devoir de tous les bons et fidèles chrétiens est de se préparer pour mourir, étant dans l'incertitude de l'heure de la mort.

Il est établi que l'honorable Gabriel GUIFFREY est sain de corps et d'esprit.
Néanmoins, gisant malade dans son lit, il s'est résolu à faire son testament de vive voix et devant témoins.

Premièrement, et d'autant plus que l'âme est plus précieuse que le temporel, il a voulu disposer de celle-ci.
Il recommande son âme à tous les saint et saintes du paradis en priant et en demandant qu'ils soient ses amis pour que, quand Dieu séparera son âme de son corps, il le convie au paradis.
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de paradis et estant ladite âme séparée de sondit
corps il veult et ordonne icelluy estre inhumé
au vas X° de ses prédécesseurs et que au jour de
son enterrement il soyt cellébré et faict les
offices et honneurs qu’on a acoustumé faire
aux personnes et chefs de sa quallité. Item
veult et ordonne que apprès son décès il soyt
dict et cellébré pour la rémission de son
âme deux trentanaires l’un cellébré par
Messire Jehan Anthoine Vachet de Bardonnèche
et l’aultre par Messire Claude Vachet curé de
Mellézet ausquelz il veult estre payé
par ses héritiers apprès nommés à chacung trente
six soulz. Item veult et ordonne estre
payé à la luminaire de Bardonnèche la quantité
de deux livres huile et aux chappelles
de Saint George et Saint Ippolite à chacune une
livre et à la chappelle Saint Anthoine du
Mellézet une livre payable par ses héritiers
apprès nommés. Item a dict et déclairé
comme il décaire [sic] présentement qu’il a receu
de Catherine Moutouse sa femme en premières
nopces pour ses droictz doctaux lesquelz
il veult estre rendus à Simond Guiffrey
et autres ses enfans du premier lict
scavoir troys cartz terre en la Vie (?) Plaine
Il veut et ordonne d'être enterré dans le caveau de ses ancêtres et que le jour de son enterrement il soit fait les offices et rendu les honneurs que l'on fait habituellement pour les chefs de sa qualité.
Il veut et ordonne qu'après son décès soit fait pour la rémission de son âme deux services "trentenaire". Un sera célébré par Messire Jehan Anthoine VACHET de Bardonnèche, l'autre par Messire Claude VACHET curé de Melezet. Ils seront payés 36 sous par ses héritiers (cités après).
Il veut et ordonne que soit payé par ses héritiers pour les luminaires de l'église de Bardonnèche 2 livres d'huiles. Pour les chapelles de Saint George et Saint Hyppolite, une livre. Pour la chapelle Saint Antoine de Melezet, une livre.
Il déclare qu'il a reçu la dot de sa première femme Catherine MOUTOUS. Il veut la rendre à Simon GUIFFREY et aux autres enfants du premier lit.

A savoir trois quarterés de terre dans le quartier de la Vierre
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au pied de maieur pièce George Francoz
au pied et au levant Beneiton Morel, plus
troys cartz au Pra Pina et au dernier de plus
grand pièce, plus une eyminée terre sus
verchière confrontant à Pierre Francoz, plus
environ deux sestérées pré à la Monte ou environ
qu’il a vendu à Ippolite Gastaud pour payer les
léguatz que ladite sa femme avoit faict
à ses filhes, plus quatre vingtz et une
thoise de vergier au pied d’ycelluy au cartier
des Fauries, plus environ une sesteirée pré
au Plan confrontant Fascy et Pierre Guy-Folcat
devant et desoubz et en compensation des pièces
qu’il a changée de Peirollet et Pra Meinet
veult qu’il aye troys carteirée terre aux
Villarons jugnantz à la pièce cy devant dicte
et confrontée, plus une vache qui par commune
extimation pourroit valloir sept escus, plus
ung escu de sa part d’un asne, plus a
receu dix testons de Jacquemet Martheulh
qu’il a convenu en justice avec les autres
ses beaux-frères, dict qu’il y avoyt ung couple
de platz pignote oule estaigne qui furent
volée par ceux de la religion qui pourroit valoir
ung escu et ce que dessus est entièrement ce
qu’il a receu. Outre ce que dessus y a le
quart de la maison vieilhe et grange qu’il
contre le terrain de George FRANCOZ, à l'ouest contre le terrain de Beneiton MOREL. Plus trois quarterés à Pra Pina. 
Plus une eiminée de terre à Verchière en face du terrain de Pierre FRANCOZ.
Plus environ 2 sesterées de pré  qu'il a vendu à Pierre GASTAUD pour payer les donations que sa femme a fait à ses filles.
Plus 81 toises de verger dans le quartier des Fauries.
Plus environ une sesterée de pré en limite des terrains de Fascy et Pierre GUY FOLCAT.
En compensation des terrains échangées à Peirollet et Pra Meinet il veut 3 quarterée de terrain aux Villarons devant la précédente pièce.
Plus une vache estimée à 7 écus.
Plus un écus pour un âne.
Plus 10 testons (=monetta) reçus de Jacquemet MARTHEULH comme il a décidé avec ses beaux-frères.
Il dit qu'il avait un couple de plat en étain volé par les Vaudois d'un valeur d'un écu.
Ceci est tout ce qu'il a reçu en dot.
En plus  il y a le quart de la vieille maison et et la grange qu'il
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habite ##° oultre le quart d’un jardin jugnant
à la grange du cousté du levant. Item
donne et lègue en prest à Marie Agnès
sa femme durant sa vie et pendant qu’elle
tiendra vie chaste et viduelle les effruictz
de trois carteirée terre aux Villarons levant
de maieur pièce et tenant à la susdite terre
cy devant dicte au pied le demeurant de
la pièce dessus, plus une eyminée terre
ablanée (?) aux Villard, plus les effruictz du
vergier situé au cartier des Fauries et du
consentement de Simond Guiffrey filz des quarante
une thoise appertenantz à sadite première feme, plus
une pièce pré et terre au (?) Clot Nagnette (?)
quoy qu’il contienne et ce en payant les
charges #° Item a institué ses héritières
particullières Catherine, Marie et les héritiers
de Thoine ses filhes du premier lict les
sommes qui leur ont esté assignée en leur
contract de mariage et oultre à la chacune
la somme de six soulz, plus a
institué Marie et Isabel ses filhes
légittimes et naturelles à la chacune les
sommes qu’il leur a assigné en leurs
contractz de mariage lesquelles il ____
habite (+ 1ère modification) et le quart du jardin jouxtant la grange du côté de l'est
Il donne en usufruit à sa femme Marie AGNES, si elle à une vie chaste,  3 quarterée de terrain aux Villarons.
Plus une éminée de terrain au Villarons.
Plus une éminée de terrain aux Villards.
Plus les fruits du verger au quartier des Fauries.
Plus, avec le consentement de son fils Simond GUIFFREY, une toise appartenant à sa première femme.
Plus un terrain, pré et terre, au Clot Nagnette et en payant les charges (+ 2eme modification).
A institué comme héritières des sommes attribuées dans leur contrat de mariage ses filles du premier lit, Catherine, Marie et les héritiers de Thoine.
Plus la somme de 6 sous à chacune.
Plus, a institué Marie et Isabel ses filles légitimes et naturelles comme héritières des sommes attribuées dans leur contrat de mariage.
Ceci a été entièrement payé.
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estre entièrement payée ce qui cy trouvera de
reste par ses héritiers apprès nommés et oultre
ce à la chacune la somme d’un escu.
Item a donné et légué par droict de léguat
et institution particullière à Magdeleine et
Jehanne ses filhes nubilles légittimes
et naturelles à la chacune la somme de
cinquante sept escus revenant à cent septante
une livre et à la chacune dix huict livres
pour leur trocel payables en payes annuelles
lors qu’elles auront atainct l’eage pour
se marier la première desdites payes
à comancer à lors de la consumation de leur
mariage et pendant qu’elles seront
à marier veult qu’elles ayent leur habitation
en tous et chacungz ses maisonnementz et
qu’elles soyent nourries et alimentées par
ses héritiers apprès nommés en travaihant
honnestement au proffit desditz héritiers et
moyennant ce veult qu’elles soyent
comptantée et tacitée de tout ce qu’elles
pouroyent prétendre sur son hoirie.
Oultre ce que ce dessus a donné ausdites Magdeleine
et Jehanne les teisse… (?) pour faire draps (?)

Et en plus à chacune un écu.

Légue à Madeleine et Jehanne ses filles nubiles et légitimnes cinquante écus d'une valeur de 170 livres et à chacune 18 livres pour leur trousseau payable chaque année quand elles auront atteint l'âge de se marier.

Le premier versement sera fait à la consomation du mariage.

Pendant qu'elles seront à marier, décide qu'elles logeront dans tous ses bâtiments.

Elles seront nourries par les héritiers ci-après nommés en travaillant honnêtement pour les héritiers.

Il veut qu'elle soient donc comptées dans son héritage

En plus donne à Magdeleine et Jehanne les tissus pour faire des draps.
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Et pour ce que le chefz et fondement
des testementz est l’institution universelle
à ceste cause ledit testateur a esleu nommé
de sa propre bouche ses héritiers universelz
en tous et chacungz ses autres biens meubles
immeubles droictz noms raisons ou actions
où qu’ilz soyent situés scavoir Simond,
Claude, Françoys, Laurens et Pierre
Guiffrey ses enfantz légittimes et naturelz
par lesquelz il veult tous ses debtes et
léguatz estre payés et acquités et cas
advenant que lesdistz Claude et François ses
héritiers susnommés qui sont absentz longz
temps y a ne vincent veult et ordonne que
les autres ses héritiers susnommés jouissent
de leursditsz droictz jusques à leur arivée
sans qu’il soyent tenus d’aulcune restitution
de fruictz pour la jouissance qu’ilz
en auront heu durant leurdite absence sans
qu’ilz soyent tenus leur faire pourvoir aulcuns
curateurs et venant à décéder l’un desditz
héritiers ou plusieurs sans enfans légitimes
et naturelz ou leurs enfantz sans autres
Le testeur a nommé de sa propre bouche ses héritiers et chacun de ses biens meubles et immeubles.


A savoir Simond, Claude, Françoys, Laurens et Pierre GUIFFREY, ses enfants naturels et légitimes. Il veut que toutes ses dettes et legs soient payés et acquités.

Si Claude et François, qui sont absents depuis longtemps, ne viennent pas il ordonne que les autres héritiers jouissent de leurs droits jusqu'à ce qu'ils viennent.


Pendant leur absence il ne sera pas retenu de restitution pour la jouissance des autres hétitiers et il n'y aura pas de curateur.


Si un des héritiers décédait ou s'il était sans enfant légitime ou leurs enfants sans enfant
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enfans audit cas il substitue les survivantz
ou leurs enfantz et ce que dessus a dict
estre son voloir de sa dernière volonté qu’il
veult valloir par droict de testement codicille
ou donnation à cause de mort priant et
requérant les tesmoingz en estre recordz
et mémoratifz #° oultre les choses cy devant
prestée à Marie sa femme veult et entant qu’elle
aye la jouissance de quatre brebis son
habitation avec ses héritiers en tous ses maisonnementz
et oultre qu’elle se serve d’un _____ ung
peirol un casson ung ______ ung seilhon
une pignote à son choix de quatre linceulz
deux fraps une couverte une apie (?) _______
fesson… (?) X° a donné à Pierre son filz
ungz talliers de toilhe garnis en l’estat
qu’ilz sont. Présentz Gabriel Agnès, Gabriel
Guiffrey filz de Simond, Jehan Guiffrey filz de Jehan,
Maître Mathieu Agnès greffier, Persaval
Garnier, Jehan Martine sergeant royal, Maître
Anthoine Cécille vichâtelain et honnorable Matieu Aymé
et Bertholomy Ambroys X° a donné son manteau noir
à Marie sa femme et à Magdeleine et Jehanne ses filhes
pour en disposer à leur volonté ##° lesquelles il
a faict à plus part rebastir à neufz desquelz
ils demeureront chargés au rembourcement
à ses autres héritiers, et pour estre des
jurés de Saint Anthoine a requis honnorable
Matieu Agnès recteur de la chappelle Saint
il substitue les survivants ou leurs enfants à ce qui a été dit plus haut.
Ceci est sa dernière volonté par droit de testament, codicille ou donation.
Il demande que les témoins s'en souviennent.
1ère modification: En plus de ce qu'il donne à Marie, il veut qu'elle ait la jouissance de 4 brebis, de tous ses bâtiments avec les autres héritiers. En plus il veut qu'elle ait un ?, un chaudron, du sucre?, un ?, un seillon, un baril, 4 pièce de toile, 2 draps, une couverture, une apie?,  un ?.
3ème modification: Donne à Pierre son fils, 11 ? de toile tels qu'ils sont.
Etaient présents: Gabriel AGNÈS, Gabriel
GUIFFREY fils de Simond, Jehan GUIFFREY fils de Jehan, Maître Mathieu AGNÈS greffier, Persaval GARNIER, Jehan MARTINE sergent royal, Maître Anthoine CECILLE vice châtelain et honorable Mathieu AYME et Bertholomy AMBROYS.
3ème modification: Donne son manteau noir à Marie sa femme, à Madeleine et Jehanne ses filles pour en en disposer selon leur volonté
2ème modification (à priori erreur du notaire, c'est la 1ère modification)
qu'il a fait rebâtir à neuf et dont les autres héritiers seront chargés du remboursement.
Etant un juré de  Saint Anthoine il a requit honorable AGNÈS recteur de la chapelle de
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Anthoine fondée au présent lieu de Bardonnèche
permettre qu’il y soyt enterré ce qu’il luy a
accourdé et a moyennant ce légué à icelle
chappelle une brebis, et s’est signé avec
les tesmoigz et
Signatures

et moy notaire requis recepvant en foy.
Saint Antoine à Bardonnèche pour y être enterré. Ceci étant accordé, il a légué à la chapelle une brebis et a signé avec les témoins.

Signatures

Et moi notaire requis je garantis ce que j'ai reçu.

Minutes de Maître Jean Agnès notaire à Bardonnèche, 23 février 1605
Archives d’Etat de Turin,
Transcription B. Rochas




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